{"id":28232,"date":"2026-09-14T13:52:45","date_gmt":"2026-09-14T11:52:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/?post_type=drasha&#038;p=28232"},"modified":"2026-09-14T19:09:54","modified_gmt":"2026-09-14T17:09:54","slug":"roch-hachana-5787","status":"publish","type":"drasha","link":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/drasha\/roch-hachana-5787\/","title":{"rendered":"Roch Hachana 5787"},"content":{"rendered":"<h1>Pourquoi cela devrait-il compter pour moi ?<\/h1>\n<p><em><strong>ROCH HACHANA 5787<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deracha de Rabbin Tom Cohen <\/em><br \/>\n<em>Kehilat Gesher, la synagogue franco-am\u00e9ricaine de Paris<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chana Tova. Je le pense vraiment. Cela me fait vraiment plaisir de vous voir.<br \/>\nRegardez autour de vous. Certains d&#8217;entre nous se sont vus toute l&#8217;ann\u00e9e \u2014 le Chabbat, pendant les cours, lors des activit\u00e9s de la communaut\u00e9. Pour d&#8217;autres, cela fait un peu plus longtemps. Et puis il y a ceux d&#8217;entre vous que nous accueillons pour la toute premi\u00e8re fois. Peut-\u00eatre \u00eates-vous nouveaux \u00e0 Paris, peut-\u00eatre \u00eates-vous venus rendre visite \u00e0 votre famille, ou peut-\u00eatre vous \u00eates-vous retrouv\u00e9s ici pour les f\u00eates \u2014 ce qui, il faut bien le di re, n&#8217;est pas un mauvais travail quand on peut se le permettre. Quoi qu&#8217;il vous ait amen\u00e9s ici ce soir, nous sommes tr\u00e8s heureux que vous soyez l\u00e0.<br \/>\nCe soir est, \u00e0 bien des \u00e9gards, un retour : un retour dans ce lieu, vers des m\u00e9lodies famili\u00e8res, des visages qui nous ont manqu\u00e9, vers un rythme plus ancien que chacun d&#8217;entre nous.<br \/>\nEt c&#8217;est peut-\u00eatre \u00e0 cela que je pensais en pr\u00e9parant ce soir. Pas seulement \u00e0 ceux pour qui \u00eatre ici va de soi \u2014 ceux qui ne sauraient pas tr\u00e8s bien quoi faire d&#8217;eux-m\u00eames \u00e0 Roch Hachana s&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas \u00e0 la synagogue. J&#8217;ai aussi pens\u00e9 \u00e0 ceux pour qui venir ici \u00e9tait moins \u00e9vident. Peut-\u00eatre n&#8217;\u00eates-vous m\u00eame pas s\u00fbrs d&#8217;\u00eatre la personne dont je parle. Peut-\u00eatre que votre m\u00e8re ou votre p\u00e8re vous l&#8217;a demand\u00e9 deux fois et que vous n&#8217;aviez pas envie de vous disputer. Peut-\u00eatre que votre conjoint vous a dit : \u00ab On y va \u00bb, et que vous avez perdu la discussion.<br \/>\nVous avez une belle vie. Une carri\u00e8re pour laquelle vous avez travaill\u00e9. Des gens que vous\u00a0 aimez. Une conscience \u00e0 laquelle vous faites confiance pour distinguer le bien du mal sans avoir besoin de consulter un texte vieux de trois mille ans. Et peut-\u00eatre qu&#8217;une partie de vous se demande pourquoi tout cela devrait avoir la moindre importance pour vous.<br \/>\nAlors laissez-moi poser la question comme vous pourriez la poser vous-m\u00eames : pourquoi tout cela devrait-il compter pour moi ?<br \/>\nOn peut mener une vie honn\u00eate sans synagogue. On peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux sans manger casher. On peut se soucier de la justice sans conna\u00eetre un seul mot d&#8217;h\u00e9breu. Alors pourquoi venir ? Ce n&#8217;est pas une question rh\u00e9torique.<br \/>\nJe pense que c&#8217;est l&#8217;une des grandes questions auxquelles la vie juive est confront\u00e9e aujourd&#8217;hui. Mais remarquons quelque chose dans la question elle-m\u00eame. Elle traite presque le juda\u00efsme comme un produit, comme un service que nous nous demandons si nous voulons acheter : est-c e que cela am\u00e9liore ma vie ? Est-ce que cela r\u00e9pond \u00e0 mes besoins ?<br \/>\nC&#8217;est une question moderne parfaitement compr\u00e9hensible. Mais le juda\u00efsme commence ailleurs. Il n&#8217;a jam ais \u00e9t\u00e9 simplement une philosophie priv\u00e9e con\u00e7ue pour un individu. On n&#8217;h\u00e9rite pas seulement d&#8217;id\u00e9es. On h\u00e9rite d&#8217;un peuple, d&#8217;une histoire, d&#8217;une m\u00e9moire, et de relations avec d&#8217;autres \u00eatres humains. Cela ne rend pas la question individuelle moins importante. Cela signifie simplement que \u00ab qu&#8217;est-ce que cela m&#8217;apporte ? \u00bb n&#8217;est pas la seule question qui m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre pos\u00e9e. Cela dit, la question individuelle est r\u00e9elle, et je ne veux pas l&#8217;esquiver en me r\u00e9fugiant derri\u00e8re la question collective.<br \/>\nLe d\u00e9fi n&#8217;est pas que les gens soient hostiles au juda\u00efsme. C&#8217;est que beaucoup ne ressentent tout simplement pas le besoin qu&#8217;il soit pr\u00e9sent dans leur vie. Une jeune g\u00e9n\u00e9ration regarde une identit\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e et se demande pourquoi elle devrait d\u00e9finir son avenir. Pourquoi ne pas simplement \u00eatre humain ?<br \/>\nEt puis il y a les obstacles. Les broussailles. Die u, pour commencer \u2014 et ce sont des broussailles assez \u00e9paisses.<br \/>\nBeaucoup de gens ne croient pas, ou ne savent pas tr\u00e8s bien ce qu&#8217;ils croient. Il y a aussi le rituel : levez-vous, asseyez- vous, dites ceci en h\u00e9breu, ne mangez pas cela. Et enfin, il y a les Juifs. Parfois, la chose la plus difficile dans le fait d&#8217;\u00eatre juif, ce sont les Juifs \u2014 les institutions, les dirigeants, les responsables politiques juifs qui ont un talent rare, et presque comp\u00e9titif, pour nous d\u00e9cevoir. Pas de noms ; nous sommes sur une bima, pas dans un roast.<br \/>\nIl y a des moments o\u00f9 nous regardons ce qui est fait ou dit au nom du juda\u00efsme et o\u00f9 nous pensons : si c&#8217;est cela, le juda\u00efsme, alors tr\u00e8s peu pour moi. Je comprends.<br \/>\nVoici ce que je ne ferai pas ce soir. Je ne vais pa s vous dire que vous avez tort. Je ne vais pas vous dire qu&#8217;il est impossible d&#8217;\u00eatre quelqu&#8217;un de bien sans le juda\u00efsme. Et je ne vais pas pr\u00e9tendre que, sans vous en apercevoir, vous avez construit une vie vide. Vous avez peut-\u00eatre construit quelque chose de r\u00e9el sans qu&#8217;une synagogue ait eu besoin de le faire \u00e0 votre place.<br \/>\nAlors peut-\u00eatre que la question n&#8217;est pas de savoir si le juda\u00efsme peut sauver une vie qui n&#8217;a pas besoin d&#8217;\u00eatre sauv\u00e9e.<br \/>\nPeut-\u00eatre que la question est simplement de savoir s&#8217;il a encore quelque chose \u00e0 offrir \u00e0 une vie qui est d\u00e9j\u00e0 belle. Et cela, je crois, m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre demand\u00e9. Non, pas parce que vous serez d&#8217;accord avec tout ce que vous y trouverez. Vous ne le serez pas. Moi non plus. Mais avant de d\u00e9cider que le juda\u00efsme n&#8217;a rien \u00e0 vous dire, peut-\u00eatre vaut-il la peine d&#8217;y regarder une deuxi\u00e8me fois.<br \/>\nIl existe une vieille histoire hassidique \u00e0 propos du rabbin Zoussya.<\/p>\n<p>Vers la fin de sa vie, Zoussya dit \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves qu&#8217; il avait peur. Ils furent surpris \u2014 Zoussya \u00e9tait c onnu comme un homme humble et juste. \u00ab Pourquoi ? \u00bb, lui demand\u00e8rent-ils. \u00ab Tu n&#8217;as tout de m\u00eame pas peur qu&#8217;on te demande pourquoi tu n&#8217;\u00e9tais pas Mo\u00efse. \u00bb \u00ab Non \u00bb, r\u00e9pondit Zoussya. \u00ab J&#8217;ai peur qu&#8217;on me demande pourquoi je n &#8216;\u00e9tais pas Zoussya. \u00bb J&#8217;ai toujours aim\u00e9 cette histoire. Elle contient la question qui se trouve au c\u0153ur de tout ce que je veux vous dire ce soir.<br \/>\nLe juda\u00efsme ne vous demande pas de devenir quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Ni Mo\u00efse. Ni vos grands-parents. Ni m\u00eame l&#8217;image que quelqu&#8217;un d&#8217;autre se fait d&#8217;un bon Juif. La question est de savoir ce que vous allez faire de ce que vous avez re\u00e7u en h\u00e9ritage.<br \/>\nCe soir, alors que nous commen\u00e7ons une nouvelle ann\u00e9e, cette question me semble particuli\u00e8rement juste, parce que ce soir marque aussi les vingt-cinq ans du 11 septembre. Nous nous r\u00e9unissons pour nous souvenir d&#8217;un matin o\u00f9 des milliers de personnes ont commenc\u00e9 une journ\u00e9e ordinaire et ne sont jamais rentr\u00e9es chez elles. Pour certains dans cette salle, le 11 septembre appartient \u00e0 l&#8217;histoire. Pour d&#8217;autres, vous vous souvenez exactement o\u00f9 vous \u00e9tiez. Moi, je m&#8217;en souviens.<br \/>\nNous nous souvenons des images, de l&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9, du moment o\u00f9 nous avons compris que ce que nous pensions savoir du monde ne tenait plus tout \u00e0 fait. Il y a des moments qui divisent une vie en un avant et un apr\u00e8s. Le 11 septembre en fut un.<br \/>\nEt peut-\u00eatre que l&#8217;une des le\u00e7ons des vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es \u2014 et certainement des derni\u00e8res ann\u00e9es \u2014 est \u00e0 quel point il est dangereux de croire que le monde que nous connaissons est permanent. Les certitudes peuvent s&#8217;\u00e9vaporer. Un matin peut devenir de l&#8217;histoire.<br \/>\nEn tant que Juifs, nous connaissons quelque chose aux avant et aux apr\u00e8s. Nous portons en nous des souvenirs d&#8217;\u00e9v\u00e9nements qui se sont produits avant notre naissance et qui continuent pourtant \u00e0 fa\u00e7onner ce que nous sommes.<br \/>\nNous racontons des histoires que nous n&#8217;avons jamais v\u00e9cues nous-m\u00eames et qui, d&#8217;une certaine mani\u00e8re,\u00a0 nous appartiennent pourtant.<br \/>\nLa premi\u00e8re chose que le juda\u00efsme nous demande si souvent de faire, c&#8217;est de nous souvenir. Zakhor. Souviens-toi que tu as \u00e9t\u00e9 esclave en \u00c9gypte. Souviens-toi du Chabbat. Souviens-toi d&#8217;o\u00f9 tu viens.<br \/>\nUne personne moderne pourrait raisonnablement demander : pourquoi des \u00e9v\u00e9nements arriv\u00e9s \u00e0 des gens que je n&#8217;ai jamais connus devraient-ils avoir quoi que ce soit \u00e0 voir avec moi ? Je pense que c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0\u00a0 que la conversation devrait commencer. Car aucun d&#8217;entre nous ne commence vraiment avec lui-m\u00eame. Nous parlons des langues que nous n&#8217;avons pas invent\u00e9es. Nous portons des noms que nous n&#8217;avons pas choisis. Nous h\u00e9ritons d&#8217;histoires que nous n&#8217;avons pas demand\u00e9es.<br \/>\nChacun d&#8217;entre nous arrive au milieu d&#8217;une histoire d\u00e9j\u00e0 en cours. Cela peut \u00eatre difficile \u00e0 accepter dans une culture qui nous dit que l&#8217;identit\u00e9 est quelque chose que nous construisons seuls, \u00e0 partir de rien. Mais la question n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 de savoir si nous avions h\u00e9rit\u00e9 de quelque chose. Nous avons tous d\u00e9j\u00e0 h\u00e9rit\u00e9 de quelque chose.<br \/>\nLa question est de savoir ce que nous allons en faire.<br \/>\nChaque g\u00e9n\u00e9ration h\u00e9rite du juda\u00efsme \u2014 puis se dispute avec lui. Elle le traduit. Parfois, elle le change. Parfois, elle pr\u00e9serve quelque chose pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le mon de autour d&#8217;elle a chang\u00e9. Nous ne sommes pas ici pour devenir nos grands-parents \u2014 m\u00eame si je soup\u00e7onne qu&#8217;ils auraient probablement quelque chose \u00e0 dire sur certains de nos choix les moins heureux. Nous sommes ici parce qu&#8217;ils nous ont transmis quelque chose. Et maintenant, c&#8217;est \u00e0 nous de d\u00e9cider ce que nous allons en faire.<br \/>\n\u00catre juif, c&#8217;est, \u00e0 bien des \u00e9gards, h\u00e9riter d&#8217;une discussion et d\u00e9cider d&#8217;y prendre part. Le juda\u00efsme n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 avant tout une liste de r\u00e9ponses. C&#8217;est une conversation vieille de trois mille ans sur la mani\u00e8re de vivre, de faire son deuil, de pardonner, de construire une soci\u00e9t\u00e9 juste, de comprendre Dieu \u2014 ou de vivre avec le fait que nous ne pouvons jamais pleinement comprendre Dieu.<br \/>\nL&#8217;une des choses remarquables du juda\u00efsme, c&#8217;est qu&#8217;il a conserv\u00e9 les d\u00e9saccords. Abraham discute avec Dieu. Mo\u00efse discute avec Dieu. Job exige des r\u00e9ponses et re\u00e7oit une temp\u00eate \u00e0 la place. Les rabbins du Talmud sont tellement en d\u00e9saccord les uns avec les autres qu&#8217;une c\u00e9l\u00e8bre bl ague vient presque d&#8217;elle-m\u00eame : mettez deux Juifs dans une pi\u00e8ce, vous obtiendrez trois opinions.<br \/>\nNous nous appelons Isra\u00ebl \u2014 celui qui lutte avec Dieu. Pas celui qui a compris Dieu. Celui qui lutte.<br \/>\nJe pense parfois que la vie juive moderne inverse l es choses, comme si l&#8217;appartenance exigeait d&#8217;abord l&#8217;accord &#8211; comme s&#8217;il fallait, avant de pouvoir se dire juif, avoir d\u00e9finitivement tranch\u00e9 ce que l&#8217;on pense de Dieu, d&#8217;Isra\u00ebl, de la halakha, de tout. Imaginez inviter quelqu&#8217;un \u00e0 d\u00eener en lui disant qu&#8217;il doit d&#8217;abord \u00eatre d&#8217;accord avec tous ceux qui se sont un jour assis autour de la table. Qui viendrait ?<br \/>\nPeut-\u00eatre que l&#8217;appartenance ne commence pas par l&#8217; accord, mais par le fait de s&#8217;en soucier suffisamment pour accepter de lutter. Celui qui dit : \u00ab J&#8217;ai des ques tions \u00bb se trouve peut-\u00eatre, en r\u00e9alit\u00e9, au c\u0153ur m\u00eame de la conversation. Mais les questions, \u00e0 elles seules, ne suffisent pas. On peut avoir des questions sur le juda\u00efsme sans jamais franchir les portes d&#8217;une synagogue. Alors pourquoi nous r\u00e9unir ? Pourquoi le rituel ?<\/p>\n<p>Je ne pense pas que la r\u00e9ponse soit que le juda\u00efsme nous apprend des choses sur le bien et le mal que nous ne savons pas d\u00e9j\u00e0. Nous savons que la cruaut\u00e9 est mauvaise. Nous savons que la dignit\u00e9 humaine compte. Du moins, nous le savons en th\u00e9orie. Le plus difficile, c&#8217;est de nous en souvenir lorsque cela nous co\u00fbte quelque chose. Nous\u00a0 croyons tous \u00e0 la justice \u2014 jusqu&#8217;au moment o\u00f9 la justice d evient g\u00eanante. Nous croyons \u00e0 la dignit\u00e9 humaine \u2014 jusqu&#8217;au moment o\u00f9 nous avons peur.<br \/>\n<strong>Les valeurs sont faciles \u00e0 proclamer et beaucoup plus difficiles \u00e0 vivre.<\/strong><br \/>\nC&#8217;est l\u00e0 que le juda\u00efsme nous offre quelque chose dont nous avons toujours besoin \u2014 pas n\u00e9cessairement\u00a0 de nouvelles id\u00e9es, mais des pratiques, des structures, des rappels.<br \/>\nNous aimons penser que nous devenons ce que nous sommes \u00e0 cause de ce que nous croyons. Mais bien souvent, nous devenons ce que nous sommes \u00e0 cause de ce que nous faisons, encore et encore. Le juda\u00efsme l&#8217;avait compris bien avant que les psychologues viennent nous l&#8217;expliquer. Si vous voulez que la gratitude soit plus qu&#8217;un sentiment passager, pratiquez-la.<br \/>\nSi vous voulez que le repos soit plus qu&#8217;une aspiration, prot\u00e9gez-le. Le juda\u00efsme ne dit pas simplement que le repos est important \u2014 il dit : arr\u00eate-toi. Il ne dit pas simplement : sois reconnaissant \u2014 il dit : b\u00e9nis. Il ne dit pas simplement : prends soin de l&#8217;\u00e9tranger \u2014 il dit : souviens-toi q ue toi aussi, tu as \u00e9t\u00e9 \u00e9tranger. Il nous donne un jour comme aujourd&#8217;hui et nous dit : arr\u00eate tout. Regarde ta vie. Qu&#8217;es-tu devenu ? Qu&#8217;est-ce qui a besoin d&#8217;\u00eatre r\u00e9par\u00e9 ?<br \/>\nC&#8217;est cela, ce soir. La grande interruption annuelle du juda\u00efsme.<br \/>\nEt vous n&#8217;avez pas besoin d&#8217;avoir r\u00e9solu toutes les questions th\u00e9ologiques pour en comprendre la profondeur. La plupart d&#8217;entre nous ne les ont pas r\u00e9solues. Parfois, nous accomplissons le rituel tout en continuant \u00e0 lutter avec son sens. Nous pronon\u00e7ons des mots avant m\u00eame de savoir pleinement si nous y croyons. Et parfois, le sens nous rejoint plus tard.<br \/>\nIl y a un dernier obstacle, peut-\u00eatre le plus difficile de tous : le particularisme. Pourquoi le fait d&#8217;\u00eatre juif devrait-il avoir une importance particuli\u00e8re pour moi ? Pourquoi ne pas simplement dire : je suis humain, et cela suffit ? Il y a quelque chose de beau dans cet instinct.<br \/>\nMais je ne pense pas que la r\u00e9ponse aux dangers d&#8217;une identit\u00e9 particuli\u00e8re soit de faire semblant de ne pas en avoir.<br \/>\nLe juda\u00efsme refuse deux tentations : croire que seul mon peuple compte, et l&#8217;abstraction rassurante selon laquelle tout le monde compte de la m\u00eame mani\u00e8re \u2014 et o\u00f9, pa r cons\u00e9quent, personne en particulier n&#8217;est vraiment ma responsabilit\u00e9.<br \/>\nAucun d&#8217;entre nous n&#8217;apprend \u00e0 aimer \u00ab l&#8217;humanit\u00e9 \u00bb d&#8217;un seul coup. Nous apprenons \u00e0 aimer \u00e0 travers des personnes particuli\u00e8res \u2014 un parent, un enfant, un ami, une communaut\u00e9. Peut-\u00eatre en va-t-il de m\u00eame pour la responsabilit\u00e9.<br \/>\nMon amour pour le peuple juif ne m&#8217;oblige pas \u00e0 croire que les autres comptent moins.<br \/>\nMais le juda\u00efsme pose une question inconfortable : suis-je pr\u00eat \u00e0 me sentir responsable de personnes que je n&#8217;ai jamais rencontr\u00e9es, simplement parce que leur destin est li\u00e9 au mien ? Les rabbins le disent ainsi : Kol Yisrael arevim zeh bazeh \u2014 tout Isra\u00ebl est responsable les uns des autres (TB Shevut 39a). Pas l&#8217;admiration. Pas l&#8217;accord. La responsabilit\u00e9.<br \/>\nLa pr\u00e9occupation universelle doit bien commencer quelque part. Elle commence par des relations r\u00e9elles, par des \u00eatres humains r\u00e9els. Le d\u00e9fi est de tenir ensemble le particulier et l&#8217;universel. Comment rester fid\u00e8le \u00e0 ma propre histoire sans pr\u00e9tendre qu&#8217;elle est la seule ? Comment me soucier profond\u00e9ment de mon propre peuple sans devenir indiff\u00e9rent aux autres ? Je pr\u00e9f\u00e8re appartenir \u00e0 une tradition qui m&#8217;oblige \u00e0 lutter avec ces questions plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 une philosophie de vie qui me permet de les ignorer.<br \/>\nEt je ne peux pas parler d&#8217;appartenance ce soir sans \u00e9voquer les trois derni\u00e8res ann\u00e9es.<br \/>\nPour beaucoup de Juifs \u2014 en particulier parmi les plus jeunes \u2014 les horreurs du 7 octobre et la guerre d\u00e9vastatrice qui a suivi ont profond\u00e9ment compliqu\u00e9 ce que signifie appartenir. Nous vivons \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la complexit\u00e9 est devenue presque intol\u00e9rable, o\u00f9 l&#8217;on nous demande constamment de nous d\u00e9clarer, de choisir un camp, de r\u00e9duire une histoire \u00e0 quelque chose qui tient sur un \u00e9cran. Mais ni le 7 octobre, ni ce qui a suivi, ne tiennent dans un slogan.<br \/>\nPour certains Juifs, ces ann\u00e9es ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un lien avec leur identit\u00e9 juive dont ils ne soup\u00e7onnaient pas l&#8217;existence.<br \/>\nPour d&#8217;autres, l&#8217;exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 presque inverse. Ils ont \u00e9t\u00e9 en col\u00e8re ou profond\u00e9ment bless\u00e9s par certaines choses dites ou faites au nom du juda\u00efsme, du sionisme ou du peuple juif, et ont commenc\u00e9 \u00e0 se demander s&#8217;ils voulaient encore en faire partie. Je le comprends. S&#8217;\u00e9loigner de cette douleur n&#8217;est pas n\u00e9cessairement de la l\u00e2chet\u00e9 ou une trahison. De l&#8217;int\u00e9rieur, cela peut ressembler pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 de l&#8217;int\u00e9grit\u00e9. Et je ne pense pas moins de quiconque a ressenti cela. Mais avant de partir, je poserais une question : de quoi, exactement, vous \u00e9loignez-vous ? Si vous \u00eates en d\u00e9saccord avec un gouvernement, rejetez-vous le juda\u00efsme ? Si vous \u00eates en col\u00e8re contre une guerre, rejetez-vous trois mille ans d&#8217;histoire juive ? Si un autre Juif dit quelque chose que vous trouvez intol\u00e9rable, pourquoi cette personne devrait-elle avoir le dernier mot sur ce que signifie le juda\u00efsme ?<br \/>\nJe ne vous demande pas d&#8217;\u00eatre d&#8217;accord avec moi pol itiquement. Je ne vous demande pas d&#8217;abandonner votre jugement moral. Je ne vous demande pas de d\u00e9clarer juste quelque chose simplement parce qu&#8217;un Juif \u2014 ou un gouvernement juif \u2014 l&#8217;a fait. Le juda\u00efsme ne nous a jamais demand\u00e9 de remettre notre conscience entre les mains du pouvoir. Les proph\u00e8tes y ont veill\u00e9. Je vous demande autre chose : ne confiez pas votre h\u00e9ritage \u00e0 celui qui crie le plus fort. Si vous pensez que le juda\u00efsme devrait signifier autre chose, dites-le. Entrez dans la discussion. Luttez. Ce n&#8217;est pas quitter la conversation.<br \/>\nC&#8217;est ainsi que la conversation a toujours fonctionn\u00e9.<br \/>\nAlors pourquoi \u00eates-vous ici ce soir ? Il y a peut-\u00eatre une douzaine de raisons, dont la moiti\u00e9 vous \u00e9chappent peut-\u00eatre encore. Lorsque l&#8217;office se terminera, vous ne saurez peut-\u00eatre toujours pas exactement ce que vous croyez.<br \/>\nCe n&#8217;est pas grave. Vous serez peut-\u00eatre encore en d\u00e9saccord avec moi sur Isra\u00ebl, le sionisme, Dieu, la politique ou n&#8217;importe quoi d&#8217;autre. Vous d\u00e9ciderez peut-\u00eatre encore que la synagogue n&#8217;est vraiment pas votre truc. Je ne vous demande pas de tout d\u00e9cider ce soir.<br \/>\nIl y a une histoire \u00e0 propos de Franz Rosenzweig que j&#8217;ai toujours trouv\u00e9e profond\u00e9ment \u00e9mouvante.<br \/>\nRosenzweig \u00e9tait un jeune Juif allemand brillant et tr\u00e8s assimil\u00e9 qui avait s\u00e9rieusement envisag\u00e9 de se convertir au christianisme. Avant de le faire, il d\u00e9cida de vivre une derni\u00e8re fois Yom Kippour en tant que Juif. Quelque chose dans cette exp\u00e9rience le ramena vers la vie juive \u2014 non pas parce que toutes ses questions avaient soudainement disparu, ni parce qu&#8217;il avait enfin trouv\u00e9 la certitude, mai s parce que la conversation n&#8217;\u00e9tait pas termin\u00e9e. Du moins, pas encore.<br \/>\nEt c&#8217;est peut-\u00eatre cette phrase que je voudrais vous laisser ce soir. Pas encore. Parfois, \u00ab pas encore \u00bb est une r\u00e9ponse profond\u00e9ment juive. Pas oui. Pas la certitude. Pas toutes les questions r\u00e9solues. Mais pas encore.<br \/>\nJe ne suis pas pr\u00eat \u00e0 fermer la porte. Je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 dire que cela n&#8217;a rien \u00e0 m&#8217;offrir. Je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 quitter une conversation qui dure depuis des milliers d&#8217;ann\u00e9es. Et peut-\u00eatre que cela suffit.<br \/>\nNous jugeons souvent une for\u00eat \u00e0 partir des broussa illes qui en cachent l&#8217;entr\u00e9e. Le juda\u00efsme a certainement ses broussailles : les textes difficiles, la langue ancienne, les rituels que nous ne comprenons pas, les discussions qui n&#8217;en finissent jamais, les choses dites en son nom qui nous embarrassent ou nous mettent en col\u00e8re. Les Juifs. Toujours les Juifs. Mais nous ne devrions pas confondre les broussailles avec la for\u00eat.<br \/>\nAu-del\u00e0, il y a des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res de personnes qui posent des questions qui n&#8217;ont jamais disparu. Comment vivre avec la perte ? Comment trouver de l&#8217;espoir d ans un monde bris\u00e9 ? Comment pardonner ? Comment recommencer ? Et si cette tradition ancienne, compliqu\u00e9e, frustrante et magnifique avait encore quelque chose \u00e0 nous dire ?<br \/>\nCe soir, en ce vingt-cinqui\u00e8me anniversaire du 11 septembre, nous nous souvenons de la rapidit\u00e9 avec laquelle le monde peut changer ; de ce qui semble permanent et qui, pourtant, ne l&#8217;est peut-\u00eatre pas ; du fait que nous ne savons pas ce que l&#8217;ann\u00e9e qui vient nous r\u00e9serve. Peut-\u00eatre y a-t-il quelque chose de profond\u00e9ment significatif \u00e0 commencer une nouvelle ann\u00e9e non pas en pr\u00e9tendant avoir toutes les r\u00e9ponses, mais en revenant aux questions trop importantes pour \u00eatre abandonn\u00e9es. Qui suis-je ? Que dois-je aux autres ? Qu&#8217;ai-je re\u00e7u en h\u00e9ritage ? Que vais-je transmettre ? Qui me demande-t-on de devenir ? Peut-\u00eatre que le rabbin Zoussya avait raison.<br \/>\nPeut-\u00eatre que la question n&#8217;est pas de savoir pourquoi nous n&#8217;avons pas \u00e9t\u00e9 Mo\u00efse, mais si nous sommes\u00a0 pr\u00eats\u00a0 \u00e0 devenir nous-m\u00eames \u2014 non pas en nous inventant \u00e0 partir de rien, mais en prenant honn\u00eatement ce que nous avons re\u00e7u en h\u00e9ritage, en luttant avec cela, en le questionnant, en le changeant lorsque c&#8217;est n\u00e9cessaire, et en ajoutant notre propre voix \u00e0 l&#8217;histoire.<br \/>\nAlors peut-\u00eatre \u00eates-vous venus ce soir parce que quelqu&#8217;un vous l&#8217;a demand\u00e9. Peut-\u00eatre parce que vous n&#8217;aviez pas envie de vous disputer. Peut-\u00eatre parce que, malgr\u00e9 vous, quelque chose en vous \u00e9tait curieux. E t peut-\u00eatre que lorsque vous partirez ce soir, rien ne sera r\u00e9solu. Tant mieux. Cela n&#8217;a pas besoin de l&#8217;\u00eatre.<br \/>\nLe juda\u00efsme a surv\u00e9cu pendant des milliers d&#8217;ann\u00e9es sans exiger que tous ceux qui franchissent ses portes aient les m\u00eames r\u00e9ponses. Alors ne d\u00e9cidez pas ce soir si vous croyez \u00e0 tout. Ne d\u00e9cidez pas ce soir si vous allez vous impliquer davantage.<br \/>\nNe fermez simplement pas la porte. Pas encore.<br \/>\n<strong>Pas encore \u00bb est une r\u00e9ponse.<\/strong> La porte est ouverte. La conversation continue. Et il y a de la place pour votre voix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Chana Tova ouMetouka.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi cela devrait-il compter pour moi ? ROCH HACHANA 5787 &nbsp; Deracha de Rabbin Tom Cohen Kehilat Gesher, la synagogue franco-am\u00e9ricaine de Paris &nbsp; Chana Tova. Je le pense vraiment. Cela me fait vraiment plaisir de vous voir. Regardez autour de vous. Certains d&#8217;entre nous se sont vus toute l&#8217;ann\u00e9e \u2014 le Chabbat, pendant les [&hellip;]<\/p>\n<a class=\"lirelasuite\" href=\"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/drasha\/roch-hachana-5787\/\"> Lire l'article...<\/a>","protected":false},"author":153,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","class_list":{"0":"post-28232","1":"drasha","2":"type-drasha","3":"status-publish","5":"entry"},"featured_image_urls_v2":{"full":"","thumbnail":"","medium":"","medium_large":"","large":"","1536x1536":"","2048x2048":"","featured-image":""},"post_excerpt_stackable_v2":"<p>Pourquoi cela devrait-il compter pour moi ? ROCH HACHANA 5787 &nbsp; Deracha de Rabbin Tom Cohen Kehilat Gesher, la synagogue franco-am\u00e9ricaine de Paris &nbsp; Chana Tova. Je le pense vraiment. Cela me fait vraiment plaisir de vous voir. Regardez autour de vous. Certains d&#8217;entre nous se sont vus toute l&#8217;ann\u00e9e \u2014 le Chabbat, pendant les cours, lors des activit\u00e9s de la communaut\u00e9. Pour d&#8217;autres, cela fait un peu plus longtemps. Et puis il y a ceux d&#8217;entre vous que nous accueillons pour la toute premi\u00e8re fois. Peut-\u00eatre \u00eates-vous nouveaux \u00e0 Paris, peut-\u00eatre \u00eates-vous venus rendre visite \u00e0 votre famille, ou&hellip;<\/p>\n<a class=\"lirelasuite\" href=\"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/drasha\/roch-hachana-5787\/\"> Lire l'article...<\/a>","category_list_v2":"","author_info_v2":{"name":"kgcom","url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/author\/kgcom\/"},"comments_num_v2":"0 comments","yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Pourquoi cela devrait-il compter pour moi ? ROCH HACHANA 5787 &nbsp; Deracha de Rabbin Tom Cohen Kehilat Gesher, la synagogue franco-am\u00e9ricaine de Paris &nbsp; Chana Tova. Je le pense vraiment. Cela me fait vraiment plaisir de vous voir. Regardez autour de vous. Certains d&#8217;entre nous se sont vus toute l&#8217;ann\u00e9e \u2014 le Chabbat, pendant les [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Kehilat Gesher\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-09-14T17:09:54+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"18 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/roch-hachana-5787\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/roch-hachana-5787\\\/\",\"name\":\"Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-09-14T11:52:45+00:00\",\"dateModified\":\"2026-09-14T17:09:54+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/roch-hachana-5787\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/roch-hachana-5787\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/roch-hachana-5787\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/en\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Drashot\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/drasha\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Roch Hachana 5787\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/\",\"name\":\"Kehilat Gesher\",\"description\":\"The English-speaking Jewish community in Paris\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#organization\",\"name\":\"Kehilat Gesher\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/12\\\/cropped-logokg-jaune-bleu-2.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2021\\\/12\\\/cropped-logokg-jaune-bleu-2.png\",\"width\":600,\"height\":548,\"caption\":\"Kehilat Gesher\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.kehilatgesher.org\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher","og_description":"Pourquoi cela devrait-il compter pour moi ? ROCH HACHANA 5787 &nbsp; Deracha de Rabbin Tom Cohen Kehilat Gesher, la synagogue franco-am\u00e9ricaine de Paris &nbsp; Chana Tova. Je le pense vraiment. Cela me fait vraiment plaisir de vous voir. Regardez autour de vous. Certains d&#8217;entre nous se sont vus toute l&#8217;ann\u00e9e \u2014 le Chabbat, pendant les [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/","og_site_name":"Kehilat Gesher","article_modified_time":"2026-09-14T17:09:54+00:00","twitter_misc":{"Est. reading time":"18 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/","url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/","name":"Roch Hachana 5787 - Kehilat Gesher","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#website"},"datePublished":"2026-09-14T11:52:45+00:00","dateModified":"2026-09-14T17:09:54+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/roch-hachana-5787\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Drashot","item":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/drasha\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Roch Hachana 5787"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#website","url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/","name":"Kehilat Gesher","description":"The English-speaking Jewish community in Paris","publisher":{"@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#organization","name":"Kehilat Gesher","url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/cropped-logokg-jaune-bleu-2.png","contentUrl":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/cropped-logokg-jaune-bleu-2.png","width":600,"height":548,"caption":"Kehilat Gesher"},"image":{"@id":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/drasha\/28232","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/drasha"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/drasha"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/153"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28232"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.kehilatgesher.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28232"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}