Le judaïsme nous enseigne que le temps, en lui-même, est sacré, et que chaque instant, précieux et unique, doit être chéri. Pourtant, ce sont certains jours qui marquent nos vies à jamais. La communauté de Kehilat Gesher se tient aux côtés de ses membres alors qu’ils traversent les étapes de la vie, que celles-ci soient marquées par la joie ou par le chagrin.

Les monuments de pierre sont destinés à disparaître, la vie spirituelle ne s’éteint jamais.

—Joshua Abraham Heschel

La naissance

L’arrivée  d’un enfant dans un foyer est l’occasion d’une célébration. Elle est l’expérience de la merveille de la création. Élever un enfant est une responsabilité à laquelle les futurs parents ne sont pas toujours préparés. Les questions que se posent les futurs parents peuvent être l’occasion d’un rendez-vous avec le rabbin.

La brith-mila

L’alliance de la circoncision marque l’entrée d’un garçon dans l’alliance d’Israël. Elle se fait au huitième jour sauf contre-indication médicale. C’est un mohel (circonciseur) qui la pratique avec des instruments stériles. L’acte est une intervention bénigne qui dure quelques secondes. Le mohel prononce les prières et peut être accompagné du rabbin. La cérémonie peut se faire à la maison ou à la synagogue. Il est préférable de réunir un mynian pour l’occasion. La brith mila peut se faire même si l’un des deux parents n’est pas juif du moment que les deux sont d’accord pour élever leur enfant dans le judaïsme.

La brith-leda

L’alliance de la naissance marque l’entrée d’une fille dans l’alliance d’Israël. On essaie d’organiser cette cérémonie au huitième jour à la maison ou à la synagogue. Les prières sont les mêmes que pour un garçon sauf les bénédictions sur la circoncision qui sont remplacées par un rituel où l’on trempe les pieds du  bébé dans l’eau en souvenir de l’accueil des étrangers par Abraham et Sarah dans la Genèse. De telles cérémonies ont existé au siècle dernier en Alsace, où le rabbin venait réciter une bénédiction sur le berceau et en Afrique du nord où elles été appelées simhat bat (la joie de la fille) ou zeved bat (la cadeau d’une fille). La systématisation de cette cérémonie est importante car elle montre que la naissance d’une fille est aussi importante que celle d’un garçon dans la tradition juive.

La bar et la bat mitzva

Plus que la cérémonie elle-même, c’est sa préparation et l’apprentissage qui la précède qui donnent tout son sens à la majorité religieuse. La fréquentation du Talmud Torah (école religieuse) sont nécessaires pour apprendre les fondements du judaïsme, son histoire, sa philosophie, ses principes, ses rites et leur signification. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture hébraïque permet de diriger les offices lors de la cérémonie qui se déroule sur deux ou trois jours (jeudi matin pour la pose des tefilins, vendredi soir pour l’office de kabbalat shabbath et samedi matin).  Si un jeune commence ses études au-delà de 11 ans, la date de la cérémonie sera repoussée pour qu’il ou elle soit prêt. Les bar et bat mitzva s’organisent à tout âge à partir de treize ans, y compris pour des adultes qui n’auraient pas eu l’occasion de la faire avant.

Le mariage

C’est une mitsva de se marier et de vivre avec son/sa conjoint/e en créant une relation où chacun devient le complément et l’associé de l’autre. Le foyer juif, avec la synagogue, est un lieu de transmission de la Tradition et des valeurs juives. Nous célébrons Houppah et Kiddouchin (célébration du mariage juif avec signature de la Ketoubah) lorsqu’un couple se présente marié civilement, lorsque les partenaires sont tous deux juifs et lorsque cette union ne contrevient pas à la halakhah progressiste. Lorsqu’un couple marié civilement ne peut pas l’être religieusement (lorsque l’un des membres n’est pas juif ou lorsque l’un des membres divorcé civilement n’a pas obtenu un guet…), nous prenons en compte le fait que sur le plan civil il constitue un foyer, mais nous ne considérons pas cette union comme valide selon la loi juive.

Le divorce

En cas de rupture définitive entre les époux, le divorce religieux reste possible. Lorsqu’un couple est divorcé civilement, un guet (acte de divorce religieux) peut être émis. Aucune procédure de guet ne peut être ouverte avant que le divorce civil ne soit prononcé. Lorsque la demande lui est faite d’émettre un guet, le Beith-Din de la Fédération du judaïsme libéral recommande la nomination de représentants qui agiront au nom des partis concernés et recevront le guet en leur nom. Une fois la procédure accomplie, un certificat sera remis, le guet restant dans les archives du Beith-Din. Lorsque l’une des personnes refuse d’accorder le guet, le Beith-Din lui adresse trois courriers. Dans le cas de non-réponse ou de refus motivé par la recherche d’un avantage financier ou autre, le Beith-Din statue en l’absence de la personne et émet un guet et les certificats afférents. Nous reconnaissons tout guet émis par une autorité compétente.

La conversion

Le judaïsme a toujours été favorable à la conversion contrairement à une croyance populaire et nombreux sont les textes bibliques et rabbiniques qui parlent de l’accueil des convertis. Toute demande sincère est prise en considération. Le candidat doit prendre conscience qu’il lui sera demandé d’intégrer la pratique juive dans sa vie personnelle, de s’intégrer au sein de la communauté et d’acquérir les connaissances nécessaires pour pouvoir mener une vie juive. La période d’études est au minimum de 12 à 14 mois. Avant de commencer un processus de conversion, un rendez-vous avec le rabbin est nécessaire. Puis un cours de Mekhina (préparation) pour apprendre à lire et écrire l’hébreu doit être suivi pendant deux mois. Pendant douze mois le cours de judaïsme trace les grandes étapes de l’histoire juive et de la vie , explique les fêtes et les pratiques dans leur développement historique, présente la littérature juive et les symboles, associés à une reflexion éthique. A la fin de ce processus, le/la candidat est présenté/e à un Beith-Din de la Fédération du judaïsme libéral composé de trois rabbins qui s’assurent de ses connaissances, de son intégration au sein du peuple juif et de sa volonté de vivre une vie juive pleine et entière. Lorsque le/la candidate affirme vouloir se conformer aux prescriptions de notre Tradition – kabbalat ol mitzvot (acceptation du joug des commandements) – le Beith-Din lui souhaite la bienvenue au sein du peuple d’Israël. Pour un homme la circoncision suivra et, pour tous les candidats, sous la responsabilité d’un Beith-Din, une tevilah sera prise dans un mikvé. Le certificat de conversion de notre Beith-Din est accepté par l’Agence juive, l’administration israélienne et les communautés libérales dans le monde entier. Nous reconnaissons tout acte de conversion émis par une autorité compétente. La conversion en vue du mariage est tout à fait envisageable si le candidat développe son intérêt propre pour le judaïsme. La participation du conjoint juif est alors obligatoire pour soutenir la démarche du candidat et l’aider à fonder un foyer juif.

Le décès

Le judaïsme attache beaucoup d’importance au respect et à la dignité de la personne qui décède. Les rites et coutumes autour de la mort et de l’inhumation sont à la fois conçus pour honorer la personne décédée mais aussi pour aider les personnes endeuillées à supporter leur chagrin et l’absence de la personne aimée. À Kehilat Gesher, nous soutenons la famille endeuillée au cours des phases de deuil successives : l’inhumation (levaya), shiva (sept jours de deuil), sheloshim (30 jours de deuil), la pose de la pierre tombale, la commémoration annuelle (Yahrzeit/Shana).

Si vous avez perdu un proche, n’hésitez pas à contacter le secrétariat de Kehilat Gesher.